Polarité, 2020
panneau de styrofoam fixé au mur, acétone
céramiques, résine acrylique, métal
200 x 60 x 26 cm
au dessus : tirage numérique sur Dibond-148 x 40 x 3 cm

Dans cette œuvre, deux ours polaires sont perchés sur une « banquise » en train de fondre, prêts à plonger. L’ours polaire est particulièrement sensible à l’état de santé de l’écosystème marin arctique, à tel point qu’il en est devenu l’animal emblématique.
Mais ces deux ours sont aussi des serre-livres anciens, entre lesquels j’ai glissé des ouvrages dont la liste rend compte de notre monde actuel et le commente à sa manière. Une fois les livres en place, je les ai  pris en photo, photo ensuite tirée à taille réelle, leur représentation floutée occupant exactement la dimension de l’emplacement entre les deux ours. J’ai alors dessiné le contour des livres sur la « banquise » avant de les remettre dans ma bibliothèque. De l’acétone appliquée de manière aléatoire à l’intérieur des limites du tracé a attaqué la matière, permettant de figurer une fonte anarchique et inéluctable. Au final, ne subsiste sous les deux ours qu’une banquise suspendue, balafrée par la corrosion, au-dessus de laquelle les livres expriment leur rémanence dans une longue bande colorée et floue, semblable à une empreinte chromatographique.
Eau, ours et livre sont ici les symboles d’un monde en profonde mutation : ma conviction est qu’ils sont « étrangement » mais aussi intimement liés et qu’il est important de les voir comme un tout indissociable.