Polarité

Il y eut d’abord l’idée d’une rangée de romans avec des titres comportant nécessairement le nom d’un animal sauvage, comme un zoo de papier logé entre les deux ours serre-livres. Puis la liste s’est élargie, rendant compte à sa manière de notre monde actuel, tous les volumes ayant été pris dans ma bibliothèque, déjà lus, parfois relus, ou encore à lire. Au final, ne subsiste entre les deux ours qu’une banquise suspendue balafrée par la corrosion (acétone), au-dessus de laquelle les livres expriment leur rémanence, mais aussi la possibilité de leur effacement, dans une longue bande colorée et floue, semblable à une empreinte chromatographique.

Polarité, 2020
panneau de styrofoam fixé au mur,
céramiques, résine acrylique, métal
200 x 60 x 26 cm
au dessus : tirage numérique sur Dibond-148 x 40 x 3 cm