anima[L]

http://pierrefauret.com/animal-2/

Dans animal, on entend anima, c’est-à-dire le souffle créateur, qu’on l’appelle ou non l’âme, l’élan vital présent à la première seconde et qui nous quitte à la dernière. L’animal et l’humain vivent la même aventure depuis l’aube du monde. Iront-ils jusqu’à disparaitre ensemble ? (1)

Lykos (détail) – 2016
Ce destin lié, j’ai voulu m’en saisir au travers d’une évocation du zoo moderne.
J’ai donc pris des animaux emblématiques : éléphant, lion, loup, ours, cerf, oiseau… et j’ai, pour chacun, procédé à la mise en scène de certains aspects de leur histoire singulière sur des plateaux surélevés.
A l’image du zoo moderne, chaque plateau est comme une sorte de décor de théâtre, un monde (sauvage) fictif, destiné à la production de discours et d’imaginaire sur le monde (sauvage) réel. (2)
Sur ce décor,  chaque animal devient un acteur auquel incombe le rôle de représenter ses congénères (2) et leur relation à l’homme.
Depuis Monsieur de La Fontaine (et Esope avant lui), nous savons que les animaux peuvent nous en dire beaucoup sur nous-mêmes…
Dans les limites du plateau, prison sans barreaux, l’animal mène une vie de tranquille désespoir (3) qui fait souvent écho à la nôtre.

 

 

 

(1) Frédéric-Jacques Temple « Mon bestiaire amoureux » – Télérama hors-série « Bêtes et hommes » – 2007
(2) Garry Marvin, « L’animal de zoo, un rôle entre sauvage et domestique », Techniques & Culture, 50 | 2008, 102-119.
(3) Henry David Thoreau – Walden ou la vie dans les bois, Gallimard, p. 12. « L’existence que mènent généralement les hommes en est une de tranquille désespoir. Ce que l’on appelle résignation n’est autre chose que du désespoir confirmé ».